Communiqué : Crise céréalière : Coop de France reçue par le ministre de l’Agriculture

Dans un contexte exceptionnel de crise pour l’agriculture française, Michel PRUGUE, Président de Coop de France, et Christian PEES, Vice-président, ont été reçus hier par Stéphane LE FOLL, ministre de l’Agriculture.

Michel PRUGUE et Christian PEES ont présenté au ministre les premiers résultats de l’enquête réalisée par Coop de France qui confirme les niveaux de rendements exceptionnellement bas pour les grands bassins céréaliers.

Dans ce contexte extrêmement dégradé, le résultat d’exploitation sera en forte baisse dans certaines régions, posant parfois la question de la capacité des structures à poursuivre leur activité. Compte tenu de leur ampleur, les pertes de recettes ne pourront être compensées que par plusieurs années de bonnes récoltes. Dans l’immédiat, la priorité doit être le soutien de la trésorerie et à la baisse des charges afin de permettre aux agriculteurs d’implanter dans les meilleures conditions possibles les cultures de la campagne prochaine.

Michel PRUGUE et Christian PEES ont ainsi demandé au ministre de compléter le plan annoncé le 27 juillet dernier par deux mesures destinées à soutenir la trésorerie des exploitants agricoles :

  • des prêts à court terme contractés directement par les exploitations, à taux nul
    ─ le différentiel étant pris en charge par le Fonds d’allégement des charges (FAC) ─
    ou garantis par la Banque Publique d’Investissement (BPI) à taux réduit ;
  • le report des annuités 2016-2017 en fin de tableau d’amortissement, avec prise en
    charge du différentiel d’intérêt par le FAC.

Michel PRUGUE et Christian PEES ont souligné que les coopératives étaient pleinement mobilisées au service de leurs adhérents et qu’elles intervenaient d’ores et déjà en fonction des situations locales. Ils ont également indiqué que de nombreuses coopératives étaient touchées par cette crise et que ces dernières devaient faire face à d’importantes pertes d’exploitation liées à la forte baisse de la collecte.

Dans ce cadre, il a été demandé à ce que les coopératives puissent :

  • s’appuyer sur des décisions de reconnaissance de catastrophe naturelle des communes sur lesquelles sont implantées leurs sites, afin de pouvoir recourir (sans justification supplémentaire) au dispositif d’activité partielle ;
  • bénéficier, pour les plus touchées, de mesures de report ou d’allègement des charges sociales ;
  • recourir à l’emprunt bancaire dans des conditions simplifiées, avec, si besoin,
    la garantie de la BPI ;
  • compter sur la compréhension des services de l’Etat sur les reports d’investissement de mises aux normes (silos, locaux, etc.) compte tenu des efforts financiers qui vont s’avérer nécessaires pour donner la priorité à l’accompagnement des agriculteurs.

Coop de France a également appelé le ministre à prendre en compte les conséquences de cette crise sur le moyen terme. A ce titre, elle a demandé le retrait de la référence à l’année 2016 dans les moyennes quinquennales pour les différents dispositifs réglementaires. Coop de France a par ailleurs exprimé sa satisfaction quant à la décision du ministre de maintenir à 10 % le niveau de prélèvement sur les aides du premier pilier de la PAC destiné à financer le paiement redistributif pour 2017. Cette décision répond à la demande qu’elle avait formulée par courrier du 20 février.

Le ministre a indiqué que ces propositions seraient étudiées par ses services au cours du mois d’août. Il a été en particulier très sensible aux propositions visant à alléger la trésorerie des exploitations, dont il a demandé le chiffrage.

Enfin, les représentants de Coop de France ont à nouveau souligné le fait que les outils de gestion de crise actuels n’étaient plus en mesure d’apporter des réponses adaptées aux événements extrêmes auxquels est aujourd’hui confrontée l’agriculture française. Ils ont insisté sur la nécessité d’engager sans délai la réforme de la Politique agricole commune (PAC) et de tester, dès 2018, de nouveaux dispositifs. Le ministre a confirmé qu’il avait à ce titre commandé au Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) un rapport sur les mécanismes de gestion de crise.

« La gravité de la crise que nous vivons depuis plusieurs mois impose la mobilisation de tous. Unis et solidaires dans nos coopératives, nous serons au rendez-vous de la prochaine campagne. » a conclu Michel PRUGUE.

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