Débat d’actualité : quelles vérités sur les coûts de l’azote en Europe ?

Récemment, un rapport a chiffré le poids des différentes activités contribuant aux émissions azotées dans l’air et dans l’eau.

Présentée le 11 avril à Edimbourg (Ecosse), une étude parue sous le titre « the European Nitrogen Assessment » (ENA) déduit que le coût des pollutions azotées, dues non seulement à l’agriculture mais aussi à l’industrie et aux transports, est compris en Europe entre 70 à 320 milliards d’euros (soit de150 à 740 euros par personne et par an).
Ce calcul se base sur une estimation des morts prématurés et des maladies induites par les pollutions azotées ainsi que des impacts sur les écosystèmes et le climat. Dans les forêts, les dépôts atmosphériques d’azote auraient par exemple provoqué une perte de biodiversité de plus de 10% sur les deux-tiers de l’Europe. La pollution de l’air serait à l’origine d’une diminution de l’espérance de vie « de plusieurs mois » mais aucune précision n’a pas être donnée sur le sujet.
Non seulement, toutes ces implications négatives, facilement attribuées à l’agriculture, ont été quantifiées avec des marges d’estimations très larges, mais les contributions positives de l’azote utilisée par l’agriculture ne sont chiffrées que très partiellement. La fertilisation azotée contribue à fournir aux 500 millions d’européens un régime alimentaire varié à un coût accessible.
Certes, il faut réduire ces pollutions et les auteurs de l’étude dont des chercheurs de l’Inra et du CNRS prodiguent quelques conseils. En agriculture, il faut « optimiser l’utilisation de l’azote minéral et organique pour minimiser les fuites en cultures, limiter les pertes au niveau de l’élevage ou encore maîtriser les procédés de dénitrification »…Le citoyen n’est pas exclu des efforts à réaliser : il est notamment invité à réduire ses consommations directes d’énergie mais aussi indirectes, notamment en mangeant moins de viande.
En conclusion, les efforts de l’Europe doivent porter sur l’augmentation des rendements agricoles, tout en maîtrisant mieux le cycle de l’azote.

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