Les mesures anti-dumping sur le nitrate d’ammonium doivent survivre !

Il y a un an, la Commission européenne acceptait, suite à la demande des producteurs de nitrate d’ammonium européens, d’étudier la poursuite des mesures anti-dumping sur les importations d’ammonitrate russe, avec la mise en place de droits de douane spécifiques à l’importation d’ammonitrate russe. La décision de prolonger ces droits de douane est aujourd’hui dangereusement remise en question.

Pourtant, longtemps la Russie a pratiqué, et pratique toujours, la politique du double prix du gaz naturel. D’un coté, un prix local très bas favorisant le développement et l’exportation de produits comme les engrais azotés, et de l’autre, un prix presque 4 fois plus élevé pour les producteurs européens. En réponse à cette attitude -le gaz naturel représentant 50% du prix de l’ammonitrate, l’Europe et les Etats-Unis ont imposé des droits « anti-dumping » sur la majorité des produits fertilisants en provenance de Russie.

Plusieurs associations de défense des intérêts des agriculteurs européens, souhaitant des prix bas, espèrent la fin de ces mesures contre l’ammonitrate russe. Mais leurs justifications apparaissent discutables. Les producteurs russes n’auraient aucun intérêt à aligner les prix de leurs exportations vers l’UE sur les prix de leurs exportations vers les pays tiers, qui, pour leurs parts, acceptent les ammonitrates russes. Une disparition des mesures anti-dumping n’entrainerait donc qu’une baisse très minime des prix sur le marché. Par ailleurs, la consommation de fertilisants en Europe stagne depuis quelques années, ce qui rend l’UE presque autosuffisante sur le marché des ammonitrates. Surtout, mettre fin à ces mesures anti-dumping risquerait de fragiliser grandement l’industrie des fertilisants en Europe et mettre en péril un marché qui représente environ 50 000 emplois directs et indirects et engage des investissements supérieurs à 600 millions d’euros par an. Cela remettrait également en question la qualité des engrais utilisés pour fertiliser les sols de notre continent et marquerait un grand retour en arrière en termes d’innovations pour le développement durable.

Pour les industriels des fertilisants, l’élimination de ces mesures se traduirait par l’arrivée sur le marché d’énormes volumes d’importation, à des prix qui fausseraient le marché. Cela serait évidemment extrêmement préjudiciable pour l’industrie de l’Union Européenne. La décision finale sera prise dans les mois à venir.

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