Le marché du carbone fonctionne-t-il ?

La commission européenne, à quelques semaines du début de la troisième phase du système d’échanges de quotas, qui va durer jusqu’en 2020, s’interroge sur le fonctionnement de ce marché.

En effet, depuis le début de la crise économique en 2008, l’activité industrielle se trouve à un niveau très bas et les émetteurs de CO2, producteurs d’énergie et industrie, ont une demande très faible d’achat de quotas. Les prix de la tonne de CO2 ont baissé depuis leur maximum en 2008 de 28 €uro par tonne à une valeur de 7.5 €uro par tonne.

Pour remédier à cette baisse du prix du quota, la commission veut avant même le début de la période 2013 2020, changer les règles du jeu et restreindre les quantités de CO2 mises sur le marché par des décisions administratives, sans avoir à repasser devant le parlement.
Nous nous opposons à cette interprétation qui affirme que le marché ne fonctionne pas bien. Le prix du quota est bas car les entreprises qui sont sur le marché du CO2 (qui représentent seulement 25% des émissions !) ont baissé les émissions, l’industrie de la fertilisation a réduit les siennes de plus de 60% entre 2008 et 2011. Et malgré nos efforts, nous allons devoir acheter des quotas (gratuits dans la terminologie officielle) pour 40% de nos besoins.

Tout durcissement des conditions d’achat de quotas se traduirait par une augmentation des fuites de carbone. Nous proposons plutôt l’application de la politique européenne aux importations de produits extra européens, (la fameuse taxe carbone européenne qui manque d’une volonté politique pour sa mise en œuvre!). Cette décision politique courageuse, déjà inscrite dans la directive européenne et conforme aux règles de l’OMC, aurait deux avantages majeurs

  • Il mettrait à égalité les entreprises européennes avec leurs concurrents
  • Il augmenterait la demande de quotas sur le marché ETS et permettrait de faire remonter les prix de la tonne de CO2.

Si la politique européenne de réduction des émissions de CO2 est bonne, pourquoi ne pas contraindre nos fournisseurs à l’appliquer ?

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