Sécuriser les approvisionnements

L’approvisionnement en engrais du marché français dépend largement de ressources extérieures, parfois très lointaines de l’Union européenne. Cela constitue un facteur de risque car, lorsque l’on s’approvisionne sur le marché mondial, les prix et volumes disponibles sont souvent aléatoires. Pour l’ammonitrate, les approvisionnements sont plus fiables car il existe en France et en Europe une dizaine d’usines de production.

Pourquoi le marché français est-il devenu dépendant du marché mondial ?
Le marché français a toujours été très lié au marché mondial. Mais cette dépendance s’est accrue au fur et à mesure que la consommation d’engrais a décrue en Europe et en France. Dans les années 70/71, sur un marché mondial de 35 millions de tonnes, l’Europe de l’Ouest représentait 22% du marché. Alors qu’en 2008/2009, sur un marché mondial de 101 millions de tonnes, l’Union européenne (Europe de l’Ouest plus Europe Centrale) ne représentait plus que 12% du marché et la France 2%. Dès lors, on comprends comment les pays fortement consommateurs d’engrais (en Asie notamment) occasionnent des tensions sur les approvisionnements ; tensions qui se traduisent d’abord par une disponibilité moindre voire très réduite et ensuite par une hausse des prix.

il vital de ne pas devenir dépendant du marché mondial ?
Il est vital pour les pays d’Europe de continuer à fabriquer eux-mêmes des engrais pour garder une certaine indépendance vis-à-vis des marchés mondiaux. La lecture des scenarii ci-dessous en illustre parfaitement les raisons :

  • « Quand les américains fabriquent des engrais, ils utilisent aussi leur gaz. Si le cours du gaz est très élevé, ils arrêtent de fabriquer des engrais qui ne sont pas des produits à forte marge et vendent du gaz. Dans ce cas, ils vont acheter leurs engrais azotés sur les marchés mondiaux et l’on se retrouve en situation de pénurie ou tout du moins face à des cours qui s’envolent du fait de la demande. De la même façon, il suffit que l’Inde ou la Chine décident d’acheter des engrais azotés, les centaines de milliers de tonnes qui leur seront livrées provoqueront un déséquilibre et une envolée des cours. Il est donc nécessaire pour l’Europe de garder une industrie qui lisse complètement ces tendances à de fortes variations des prix, d’autant que la consommation d’engrais est très saisonnière et concentrée principalement sur une période de quelques mois en début d’année ».
  • « En agriculture, il est risqué de faire l’impasse sur la fertilisation, car, outre les baisses de rendements, c’est la qualité du produit final qui est en jeu. Certains pays du nord de l’Europe, poussés par une forte pression environnementale qui tend à limiter les apports d’azote ont d’ailleurs connu quelques problèmes avec leurs blés panifiables car ceux-ci n’atteignaient pas le taux de protéine requis. Ils ont donc été obligés d’avoir recours aux importations ».
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