Choc de simplification : pour Alain Lambert, « la machine administrative est folle! »

Après son rapport en mars dernier, le président de la Commission Consultative d’Evaluation des Normes (CCEN), constate avec une amertume à peine dissimulée à quel point le combat contre l’inflation normative hexagonale s’annonce long et difficile.
 
Dans une interview à l’Express, il salue la volonté politique incontestable, le Premier Ministre ayant même émis une circulaire, le 17 juillet dernier invitant, au gel de la réglementation (une norme créée, une norme supprimée ou allégée). Mais Alain Lambert souligne à quel point cet élan se heurte au poids d’une administration centrale habituée à « produire » de la norme.
 
« Nous avons en France plus de lois que tout le reste du monde… Les lois les plus désirables ce sont les plus rares » rappelait-il dans son rapport en citant Montaigne – déjà ! Pourtant l’ancien ministre du budget précise que « chaque jour, les préfets reçoivent 320 pages de circulaires […] et encore, un nouveau texte est pondu » !
 
Cette caractéristique française coûte cher : 3 points de PIB, soient 60 milliards d’euros selon l’OCDE ou la Commission européenne. « A l’heure où l’on craint de devoir toucher au modèle social français pour faire des économies, il y a là une réserve conséquente… Faire un colloque sur l’atonie de la croissance française ne sert à rien si on laisse le pays s’étouffer dans cette toile d’araignée » prévient-il.
 
La qualité diminue aussi : « Dans un texte sur la qualité de l’air, nous avons trouvé des équations mathématiques que seul un polytechnicien sait résoudre. Il n’y a que la dérision qui empêche de devenir fou… Les administrations rattachées au ministère de l’Ecologie sont parmi les pires en la matière: leurs ingénieurs écrivent la loi comme un mode d’emploi d’appareil électronique. Celles des ministères des Affaires sociales et de l’Agriculture sont aussi de mauvais élèves. »
 
Pour lui, « le fond du problème, c’est que ces administrations ont perdu le sens du rôle qui est le leur. Elles ont le sentiment que la société doit s’adapter à elles, alors qu’elles devraient être au service de la société »

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