Réaction de l’UNIFA à l’amendement sur la TVA adopté à l’assemblée nationale dans le cadre de la loi de finances pour 2014 : 400 millions d’euros de taxes supplémentaires pour l’industrie des engrais

L’amendement I-CF476 voté le 10 octobre au parlement va augmenter le taux de TVA sur les engrais et amendements de 7 à 20%.

Nous contestons cette augmentation, qui est injuste et peu compréhensible. Tout d’abord le législateur exonère de cette hausse de TVA les engrais utilisables en agriculture biologique. Cette disposition est inapplicable, car il n’existe pas de classification qui distinguerait les engrais « bio » d’une part et les engrais « non bio » d’autre part. Le règlement européen de l’agriculture biologique a en effet autorisé avec des critères tout à fait subjectifs certains engrais et amendements.

Ainsi les engrais minéraux apportant des oligoéléments sont utilisés dans tous les types d’agriculture, biologique ou non. De la même façon, certains engrais organiques qui participent au recyclage et à l’économie circulaire, sont interdits en agriculture biologique et taxés à 20% !
L’exposé sommaire de cet amendement explique que ces produits peuvent être à l’origine de dommages environnementaux. Or la partie législative du code rural (à l’article L 225-2) votée par le législateur précise que les engrais sont autorisés après avoir apporté la preuve de leur « innocuité à l’égard de l’homme, des animaux ou de leur environnement ».

L’augmentation du taux de TVA n’aura pas pour conséquence d’augmenter le coût d’utilisation de ces produits car les agriculteurs sont remboursés de la TVA sur leurs achats. Elle aura comme conséquence immédiate une lourdeur administrative supplémentaire et pèsera sur la trésorerie des exploitations aussi bien céréalières que des exploitations d’élevage. En revanche, elle se traduira par une augmentation des coûts pour l’entretien des espaces verts des collectivités locales.

Nos entreprises de fabrication d’engrais, dont de nombreuses PME présentes sur les territoires ruraux, vont voir leur activité pénalisée du fait de ces nouvelles contraintes qui vont in fine se répercuter financièrement sur les consommateurs.

Téléchargez l’amendement I-CF476

Gilles Poidevin, Délégué général de l’UNIFA

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