L’apport d’azote est ajusté en continu aux besoins de la culture par les agriculteurs avec l’appui de leurs conseillers

Pour limiter la perte de nitrate dans l’eau, les agriculteurs ont réalisé des progrès sur la prévention en ajustant mieux les apports d’engrais aux besoins des cultures et sur la récupération de l’azote minéral à l’automne en implantant des cultures, dites « engrais verts » ou cultures pièges à nitrate, qui absorbent le nitrate présent dans le sol. Ces engrais verts ne sont pas récoltés, mais enfouis dans le sol avant la culture suivante. De plus, ils permettent de limiter la quantité d’engrais à apporter, en libérant à nouveau au printemps le nitrate piégé à l’automne.

L’aménagement du territoire a également réalisé des progrès permettant de récupérer le nitrate qui circule avec les eaux de ruissellement. Une alternance des champs cultivés avec des prairies, des bois, des haies ou chemins enherbés permet de capturer cet élément nutritif présent dans l’eau.

Depuis 2005, la protection de tous les cours d’eau par des bandes enherbées ou des zones tampon (arbustes, arbres…) de 5 mètres minimum est devenue obligatoire dans toute la France. Ces zones filtrent les eaux de ruissellement et récupèrent les éléments nutritifs avant qu’ils n’atteignent les cours d’eau. Ces mesures permettent d’enregistrer une progressive diminution de la teneur en nitrate dans les eaux superficielles.

Pour ce qui concerne les eaux souterraines, il faut beaucoup plus de temps pour observer le résultat de l’amélioration des pratiques des agriculteurs car l’eau peut mettre des années avant d’atteindre la nappe. Il y a une grande inertie du milieu et la concentration en nitrate peut localement sur certains captages continuer à augmenter, alors que des mesures ont déjà été mises en œuvre.

Les rapports les plus récents publiés par l’IFEN (2006), les Agences de l’eau (2007), le ministère de l’Ecologie (2008) montrent que les concentrations en nitrate se sont stabilisées dans la majorité des nappes, s’améliorent dans certains cas, mais peuvent aussi poursuivre leur dégradation dans d’autres situations plus exposées.

C’est pourquoi l’engagement de tous les partenaires (fournisseurs, distributeurs, instituts techniques et chambres d’agriculture, agriculteurs et pouvoirs publics) doit se poursuivre dans les années à venir pour limiter davantage les pertes de nitrate et rendre l’usage des engrais minéraux et organiques encore plus efficace.

Les agriculteurs dépensent chaque année près de 100 M d’€ pour la fertilisation raisonnée (analyse de reliquats d’azote dans les sols, logiciels de calcul, fractionnement des apports, outils de pilotage et suivi par vues aériennes). De plus, d’ici 2012 toutes les parcelles en zone vulnérable devront avoir un couvert végétal en automne pour piéger le nitrate présent dans le sol avant l’hiver.

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