L’agriculture bio est-elle la solution à l’entrainement de nitrate dans l’eau ?

L’agriculture biologique a tout autant besoin de l’azote que n’importe quelle autre agriculture parce que c’est un élément nutritif indispensable à la formation des protéines végétales.
Les agriculteurs bio en grandes cultures reconnaissent que c’est le premier facteur qui limite leur production avec le désherbage, notamment en cultures d’automne : colza, blés et orges. Ces cultures ont des besoins précoces en azote dès la sortie d’hiver alors que les sols minéralisent biologiquement encore peu d’azote. Pour fournir de l’azote au sol, les agriculteurs bio introduisent beaucoup de cultures légumineuses dans leur succession de culture pour bénéficier de la fixation d’azote venant de l’air grâce à la symbiose de ces plantes avec des bactéries. Cependant après la récolte et le retournement de ces cultures comme la luzerne, beaucoup d’azote est laissé dans le sol et peut se minéraliser en peu de temps. En agriculture raisonnée, on sème une culture intermédiaire juste derrière la luzerne pour éviter l’entrainement du nitrate produit par cette minéralisation mais en agriculture bio, il est souvent nécessaire de continuer à travailler le sol pour limiter les mauvaises herbes avant le semis de la culture principale suivante.

La maitrise de la fertilisation azotée en agriculture bio est donc tout autant un enjeu pour la production et la protection de l’eau qu’en agriculture raisonnée. Le fait que l’azote utilisé en bio soit principalement sous forme organique venant des cultures légumineuses ou des apports de fumiers, composts et farines de viande… ne rend pas cette maitrise plus facile. Il n’est donc pas exact de dire qu’en généralisant l’agriculture bio sur les périmètres de captage on résout la question du nitrate.

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