Le phosphore est un élément nutritif essentiel dont l’impact doit être surveillé

Le phosphore est un élément nutritif essentiel pour tout le monde vivant. Il véhicule l’énergie dans les cellules, entre dans la composition de l’ADN et accomplit de nombreuses autres fonctions métaboliques.

Il est apporté au sol par les excrétions des animaux au pâturage, les effluents d’élevage et les boues de station d’épuration des eaux usées. Les engrais minéraux sont fabriqués à partir de minerai de phosphate naturel. Ils apportent le complément nécessaire pour nourrir les plantes.

L’apport de phosphore dans les sols par les engrais phosphatés doit s’accompagner de précautions pour limiter deux phénomènes liés directement au phosphore ou aux autres éléments présents en trace dans le phosphate naturel minéral :

– L’eutrophisation des plans d’eau : prolifération des algues

Le phosphore est fortement retenu par le sol. Seulement 0,1 % du phosphore total d’un sol est dissous. Le risque de lessivage du phosphore est donc très faible, mais l’arrachement de particules de terre par érosion hydrique entraîne une petite quantité de phosphore fixé au sol vers les fossés et les cours d’eau. Cela peut être suffisant  pour augmenter la concentration dans des eaux calmes (lacs et étangs). De même, les sédiments enrichis en phosphore peuvent aussi être à l’origine d’un relarguage du phosphore dans l’eau.

Il faut empêcher l’entrainement vers l’eau de phosphore fixé au sol pour contenir une production d’algues trop importante aux dépens d’autres espèces (phénomène dit d’eutrophisation). En effet, dans certaines conditions d’ensoleillement et de chaleur favorables, certaines algues particulières (de type cyanophicées) peuvent se développer en libérant des toxines. L’apparition de ces algues neurotoxiques  dans les plans d’eaux eutrophisés peut entraîner des interdictions de baignade en été.

La prévention de l’érosion des sols permet de retenir le phosphore qui y est fixé. L’interception des ruissellements et leur infiltration dans des zones de haies, bandes enherbées ou prairies est aussi un moyen efficace de réduire les apports de phosphore au cours d’eau. Pour rétablir durablement le fonctionnement normal de l’écosystème aquatique, il faut diminuer le transfert du phosphore dans l’eau quelle que soit son origine agricole, urbaine ou industrielle (industries agro-alimentaires).

– L’apport de traces de métaux lourds dans les sols

Si les amendements et les engrais minéraux ne présentent pas de risque microbiologique ou pathogène, ils peuvent contenir des éléments-traces métalliques (ETM) présents naturellement dans les matières premières, particulièrement dans les minerais de phosphate naturel.

Les flux d’apport sont de l’ordre de 1 à 5 grammes par hectare et par an pour des éléments comme le chrome, le plomb, le cadmium et le nickel avec les niveaux de fertilisation actuels. Cela représente une valeur très faible par rapport à la quantité naturellement présente de ces éléments dans les sols. Ce flux est généralement trop faible pour influer sur l’absorption par les plantes de l’élément dissous. De plus les racines absorbent préférentiellement les éléments nutritifs dont elles ont besoin au détriment de ces métaux lourds. Dans les sols acides, l’apport d’amendements minéraux basiques est conseillé, il réduit significativement la mobilité de ces éléments et leur présence à l’état dissous.

Les fabricants de fertilisants ont l’obligation d’analyser la présence d’élément-traces dans leurs lots de fabrication. Ils réalisent également des analyses de contrôle sur leurs matières premières en particulier sur les phosphates.

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