Réponse à l’article « Nitrates, poison ou médicament » paru dans Agrodistribution, Hors-série spécial appro, Novembre 2011

Dans un article du Spécial Appros d’Agrodistribution de novembre 2011, Madame Pascale FERRY, inspecteur de la DREAL Bretagne fait état d’un « lobbying des vendeurs d’engrais » qui aurait empêché jusqu’à présent la déclaration des ventes d’engrais (page 43). Les vendeurs désignent ici les distributeurs mais il peut y avoir confusion avec notre profession, producteurs d’engrais manufacturés.

A titre personnel, elle se déclare favorable à une telle mesure (déclaration des ventes d’engrais par les distributeurs). Cette affirmation d’un fonctionnaire, normalement soumis au devoir de réserve pose plusieurs questions :

– L’inspecteur de la DREAL semble ignorer qu’en ce qui concerne les engrais, ce ne sont pas les ventes qui sont déclarées de façon obligatoire, mais bien les utilisations : les agriculteurs ont l’obligation de tenir un cahier d’épandage avec à la fois les épandages d’engrais organiques et minéraux.

– Les inspecteurs des installations peuvent relever les cahiers d’épandage. De plus, en bassin versant « algues vertes » un arrêté les autorise à relever tous les achats et apports d’azote arrivant sur l’exploitation. Il n’y a aucune utilité à créer une contrainte administrative supplémentaire au niveau des distributeurs.

– Les chiffres de livraisons d’engrais sont disponibles de façon détaillée par département et par type d’engrais sur notre site www.unifa.fr . En Bretagne, la proportion est plutôt 2/3 d’azote d’origine animale pour 1/3 d’origine engrais minéraux.

– Enfin, dans un contexte général de baisse des apports d’engrais minéraux, la Bretagne, avec les efforts de toute la filière sur la fertilisation raisonnée a vu ses livraisons d’engrais minéral baisser de près de 50% en trente ans, beaucoup plus rapidement que les autres régions. Faudrait-il casser cette dynamique de meilleure utilisation des fertilisants au profit d’une nouvelle obligation administrative ?

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Un commentaire pour “Réponse à l’article « Nitrates, poison ou médicament » paru dans Agrodistribution, Hors-série spécial appro, Novembre 2011

    • mask

      Merci l’UNIFA pour cette precision qui s’imposait. Depuis de nombreuses annees, les producteurs d’engrais mineraux, conscient des enjeux bretons, ont developpé des logiciels de gestion de la fertilisation validés par les autorites en collaboration avec la distribution. Dans la difficulté, et face aux enjeux, la chasse aux sorcières n’est pas une solution. La concertation, le travail de tous est necessaire dans un esprit constructif et collaboratif.

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