Sur le plan de la lutte contre le changement climatique, les objectifs de l’industrie et de l’agriculture sont étroitement imbriqués

Tout d’abord, l’utilisation d’engrais qui augmente les rendements permet une captation de CO2 à l’hectare plus élevée. De plus, quand on laisse au sol les éléments organiques (racines, pailles) le stockage de carbone dans le sol est augmenté, ce stockage est reconnu pour être pérenne, il permet une amélioration des propriétés physicochimiques des sols cultivés et constitue à grande échelle un puits de carbone très intéressant.
L’agriculture éco-intensive permet également de concentrer les productions sur une surface moindre et les terres les plus productives ; elle libère donc des surfaces non cultivées, forêts, jachères, bandes enherbées, qui sont aussi des puits de carbone et qui favorisent la biodiversité.

Une extensification liée à une moindre utilisation d’engrais obligerait l’Europe à importer des denrées alimentaires et donc à occuper des espaces agricoles dans des pays en développement qui en ont besoin pour nourrir leur propre population. La sécurité alimentaire passe devant la sécurité énergétique, alors que l’on parle d’une population de 9 milliards d’hommes en 2050, ce qui nécessitera d’après les calculs de la FAO d’augmenter de 70% les rendements à l’hectare de toutes les zones cultivées. Les émeutes de la faim de 2006 et 2007 sont encore dans les esprits, et la malnutrition s’est encore accrue avec la crise.

Conduire une politique de changement climatique conduisant à des fuites de carbone ne ferait qu’apporter un coup d’arrêt à la croissance verte. Avec le plan climat 2013-2020, et des mesures équilibrées en faveur des industries les plus performantes pour la réduction des gaz à effet de serre comme l’industrie de la fertilisation, nous pourrons rester à la pointe des techniques, les diffuser dans le monde, et continuer d’approvisionner une agriculture éco-intensive qui contribue elle aussi à la modération des effets du changement climatique.

Cependant l’industrie française des fertilisants redoute que la récente décision de trois États majeurs de la communauté Européenne (France, Allemagne, Grande-Bretagne) de se fixer un objectif de réduction de 30% d’ici 2020 ne vienne conforter l’intransigeance de la Commission Européenne à l’égard de la production européenne d’engrais qui, privée du support de ses gouvernements pourrait se voir condamnée à disparaitre après avoir atteint des niveaux de réduction tout à fait exceptionnels.

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