Coup de frein sur les biocarburants de 1ère génération

La France a annoncé le plafonnement à 7% du taux d’incorporation des biocarburants de 1ère génération à la conférence environnementale du 16 septembre. Quelques jours plus tard c’est l’UE qui limitait à 5% en 2020 la 1ère génération en faisant le pari d’un développement rapide de la 2nde génération (à partir de biomasse et déchets ligno-cellulosiques) pour atteindre l’objectif de 10% d’incorporation totale en 2020 prévu dans sa directive de 2008. De plus le gouvernement envisage la suppression dès 2014 de l’avantage fiscal (exonération partielle de la TIPP) accordé aux biocarburants.

Ces annonces s’appuient sur la tension du bilan céréalier mondial et sur la concurrence entre ces biocarburants de 1ère génération qui utilisent l’huile, l’amidon ou les jus sucrés comme matières premières et les besoins alimentaires. Pourtant l’impact de ces décisions française et européenne restera très modeste sur la sécurité alimentaire mondiale. La production de l’UE n’occupe que 4 à 5 millions d’ha (dont environ 1,2 million d’ha en France) alors que les USA et le Brésil produisent du maïs et de la canne à sucre sur plus de 40 millions d’ha pour les biocarburants. Ces pays n’ont pas annoncé de révision de leurs objectifs d’incorporation pour 2020.

A court terme, ces décisions ne devraient avoir qu’un impact limité sur les surfaces en grandes cultures et sur la demande de fertilisants. Les besoins sur les autres marchés de l’alimentation humaine et animale restent forts et les prix sont orientés plutôt à la hausse en l’absence de stocks pour amortir les baisses de production dans le monde. Cependant en cas de forte production mondiale, l’excédent peut rapidement peser sur les prix agricoles. C’est pourquoi cette agro-industrie permettrait en France et dans l’UE de soutenir les prix intérieurs et réduirait l’exposition des producteurs à la volatilité forte des prix mondiaux.

Une nouvelle fois, l’UE va brider une nouvelle industrie qui démarre et qui pourrait produire dans le futur non seulement des biocarburants mais aussi des biomatériaux et des molécules pour la chimie verte afin de prendre progressivement la relève du pétrole.

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