Conférence «Marchés mondiaux, compétitivité de l’agriculture et sécurité d’approvisionnement» dans le cadre de l’Assemblée générale du 8 juin 2012 de l’UNIFA aux salons Hoche

Compte-rendu de la conférence-débat qui s’est tenue le 8 juin 2012 à l’issue de l’Assemblée générale de l’Unifa, dans les Salons Hoche à Paris, et qui a réuni Philippe CHALMIN, professeur d’économie à l’Université Paris-Dauphine et fondateur du Cercle Cyclope ; Joël MORLET, président de l’Unifa ; Christophe TERRAIN administrateur de la FNSEA et président de l’AGPM ; Guy VASSEUR, président de l’APCA dans le cadre d’une conférence sur la thématique : « Marchés mondiaux, compétitivité de l’agriculture & sécurité d’approvisionnement ».

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La nécessaire compétitivité des industries de la fertilisation

Il ne peut y avoir d’avenir pour l’industrie française des fertilisants que dans un contexte de retour à la compétitivité, tel a été le message principal délivré par l’assemblée générale de l’Union des industries de la fertilisation (UNIFA) tenue le 8 juin 2012 dans les Salons Hoche à Paris. Cette préoccupation maintes fois réaffirmée a été au centre de la conférence-débat sur le thème « Marchés mondiaux, compétitivité de l’agriculture et sécurité d’approvisionnement », animée par le professeur d’économie et fondateur du Cercle Cyclope Philippe Chalmin, le président de l’Association Générale des Producteurs de Maïs et membre du conseil d’administration de la FNSEA Christophe Terrain, le président de l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture Guy Vasseur et le président de l’UNIFA Joël Morlet.

L’une des principales caractéristiques de l’actuelle donne économique mondiale est la grande instabilité qui règne sur les marchés des matières premières, ce que s’est attaché à démontrer Philippe Chalmin. Depuis le début des années 2000, les indices de cours hors métaux précieux et pétrole, et plus encore avec, n’ont cessé de s’envoler jusqu’à la cassure de 2008, mais pour mieux reprendre sous la pression d’une demande accrue et  d’une offre soumise aux aléas géoplitiques et climatiques assorties d’un « zeste de spéculation » dans un contexte où se mêlent reprise américaine, stagnation européenne et interrogations chinoises. Au même titre que les devises, les matières premières énergétiques, pétrole, gaz, et agricoles, blé de meunerie, maïs, fèves de soja, sucre, sont  impactées à la hausse par cette instabilité. Le marché des engrais n’y échappe pas, d’autant plus que, par exemple, l’innovation technologique majeure qu’est le fracking a révolutionné l’industrie du gaz de schiste aux Etats-Unis, induisant un faible coût du gaz dans ce pays à 2,5 dollars le million de BTU contre 9 en Europe. Un avantage énergétique dont entendent profiter les producteurs d’engrais américains, le gaz constituant environ 65% du prix de revient des engrais azotés.

Cette instabilité quasi généralisée sur les matières premières se complète d’un risque de tensions sur les approvisionnements causé par la forte demande de nouveaux pays très utilisateurs d’engrais comme l’Inde et la Chine, comme l’a évoqué Guy Vasseur en faisant état d’une concurrence renforcée d’année en année avec des pays pour se féliciter de « la présence sur le territoire européen de fabricants d’engrais (qui) nous permet d’être autosuffisants et nous garantit une certaine sécurité ».

Point de vue partagé par Joël Morlet  qui, même si « la volatilité des prix des engrais est devenue structurelle et induit des comportements qui la renforcent », fait le constat d’une « production d’engrais en Europe (qui) permet d’alimenter le marché européen », tout en mettant en garde contre la concurrence de plus en plus affirmée du Proche-Orient et des Etats-Unis.

Dans un monde où la population va croître de plus de 2,3 milliards de personnes d’ici 2050, ce qui nécessitera une progression de 70% de la production alimentaire globale, comme l’a rappelé Christophe Terrain, « pour produire plus, il nous faudra aussi produire mieux ». Un défi qui passe par une amélioration de la compétitivité et par une maîtrise de la volatilité des prix qui impacte également le secteur de l’élevage. L’industrie de la fertilisation, « maillon essentiel et facteur de compétitivité de la filière agricole et agro-alimentaire », pour peu qu’elle soit soutenue par des politiques publiques adaptées, est prête à ce challenge, garant du développement pérenne de la filière.

Intervention de Philippe Chalmin

Philippe Chalmin, professeur à l’Université Paris-Dauphine et fondateur du Cercle Cyclope

Conclusion de la conférence


De gauche à droite : Animateur de la conférence ; Guy Vasseur, président de l’APCA ; Joël Morlet, président de l’UNIFA ; Christophe TERRAIN administrateur de la FNSEA et président de l’AGPM ; Philippe Chalmin, professeur à l’Université Paris-Dauphine et fondateur du Cercle Cyclope ; Gilles Poidevin, délégué général de l’UNIFA (au micro).

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